XXXIXe Convention de Jeu de Rôles de Supaéro

Histoire de la Convention

La Convention

Créée en 1983 sous la forme d’un tournoi de Donjons & Dragons (alors unique jeu de rôle existant), la Convention s’est d’abord déroulée dans une salle à Toulouse même, puis s’est, par commodité, déplacée dans les locaux de l’école (ENSAE, Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace, dite Supaéro). Rassemblant initialement des joueurs issus de Toulouse, elle s’est rapidement ouverte à la France toute entière ; c’est ainsi que certains joueurs sont pour une part d’entre eux logés sur place dans les résidences de l’école.

Conforme à son origine, elle est toujours animée par des étudiants et des passionnés du jeu de rôle, qui y présentent des scénarios originaux et, bien souvent, avant-gardistes.
Chaque année, en raison de l’affluence importante, et du grand nombre de participants, nous sommes obligés de refuser des équipes (par manque de salles, ou par manque de maîtres de jeu).

Cette manifestation, considérée comme la plus ancienne d’Europe, donne la possibilité à des joueurs extérieurs à Supaéro de venir, le temps d’un week-end, jouer les scénarios que nous leur proposons, offre aux membres présents et anciens du club l’opportunité de se retrouver et d’échanger. La Convention de Supaéro est la seule de France à proposer des scénarios sans règles, sans précontrainte et originaux au double sens du terme. Pour cette raison, chaque année, des équipes de passionnées viennent de toute la France jouer nos scénarios.

Pendant l’année précédant l’événement, les membres du club écrivent des scénarios originaux de qualité et dédiés à la Convention. L’écriture de ces scénarios est totalement exempte de contraintes, si ce n’est les contraintes évidentes liées à la durée et au nombre de joueurs y participant. C’est cette grande liberté d’écriture qui permet à l’auteur la réalisation d’un œuvre personnelle énormément appréciée par les habitués de la Convention de Supaéro.

Toutefois, cette liberté n'est certainement pas synonyme d'absence de qualité. L'ensemble des scénarios de la Convention sont testés par l'orga, ce qui permet aussi de former plusieurs MJs sur chaque sénario afin de pouvoir répondre à la demande des joueurs. Il nous arrive rarement de refuser un scénario à la suite de son test, mais souvent de donner des pistes d'amélioration à son auteur, afin qu'il les mette en place pour la Conv. C'est pour cela que nous demandons aux MJs et aux auteurs de respecter des échéances qui commencent en octobre, et de venir nous faire jouer leurs scénarios avant la Conv.

L’école

Supaéro a été créée en 1909, sous la forme de l’Ecole Nationale de Constructions Aéronautiques, et installée à Paris. Elle est, dès sa création, une grande école du fait de la qualité de ses enseignements, et elle acquiert sa notoriété par la réussite de ses anciens élèves comme Serge Dassault, et le constructeur des avions MIG. Après une deuxième interruption de la formation lors de la seconde guerre mondiale (la première fut due à la première guerre mondiale), l’école gagne en grandeur et en qualité. Elle est, en 1964 transférée à Toulouse, ville devenue depuis capitale européenne de l’aviation et de l’aéronautique.

Du fait de son implication importante dans les développements des technologies les plus modernes, l’école a gardé un lien très fort avec l’industrie, les constructeurs aéronautiques, les constructeurs de satellites, les centres spatiaux (CNES, Aérospatiale, Dassault aviation,…).

Dans le but d'acquérir une meilleure visibilité à l'international en créant un établissement ayant un nombre d'élèves plus élevé, Supaéro s'est progressivement rapprochée de l'ENSICA (Ecole Nationale Supérieure d'Ingénieurs en Constructions Aéronautiques), école située également à Toulouse. De ce rapprochement est né l'ISAE, Institut Supérieur de l'Aéronautique et de l'Espace, qui regroupe les sections de recherche des deux écoles. Le rapprochement géographique, c'est-à-dire le déménagement de l'ENSICA sur le campus de Supaéro, est prévu pour 2015.

Le club Simu, organisateur de la Convention

En des temps immémoriaux, il existait deux tribus dans la région toulousaine, l'une qui se nommait les Kanap, l'autre les Qhadi. Ils vivaient chacun dans leur village, très proche à vol d'oiseau mais séparés par une barrière rocheuse insurmontable de telle sorte qu'aucune des deux tribus n'avait conscience de l'autre. La tribu Kanap, très tournée vers l'ésotérique et le spirituel, s'adonnaient quotidiennement à des messes noires (expression qui se prononçait à l'époque "mésè n'ar" et qui a donné "scénar" en français moderne) afin de demander aux dieux de les nourrir et de les renforcer. Ces messes noires débutaient toujours aux coups des dix heures du soir. La tribu Qhadi, au contraire, était pragmatique, et chassait et commerçait pour survivre.

Les deux tribus vécurent et crûrent paisiblement, jusqu'à ce qu'il y a 200 ans environ, les Qhadi puis les Kanap décidèrent de creuser une galerie à travers la roche qui les séparait à leur insu ; les premiers, afin de trouver de l'or et, avec la dualité de la situation de l'époque actuelle, de prendre en compte la plus grande partie des solutions emblématiques, pour le futur ; les seconds, pour se trouver un endroit plus lugubre afin de mieux plaire aux divinités.

A la rencontre entre leurs deux galeries, la surprise laissa vite place à l'hostilité, et les tunnels résonnèrent rapidement de noms d'oiseaux : "sale Kanap ! sale Qhadi !"

Après quelques semaines de menaces et de provocations, suivies de trois ans d'une guerre meurtrière, les sages des deux côtés remarquèrent que leur adversaire avait des choses à leur apporter ; en effet, du côté des Kanap coulait la rivière Kanal (récemment creusée), riche en minéraux et en matières diverses, que convoitaient les Qhadi ; toutefois les Kanap avaient des problèmes de communication avec leurs dieux depuis leur nouvelle caverne ("ça capte hyper mal" avait déploré le grand prêtre), et l'unique solution qu'ils avaient trouvé étaient d'installer une horloge factice afin de faire croire qu'il était toujours 10h et de pouvoir faire des messes noires en continu. Bref, les deux parties avaient intérêt à s'entendre.

Après quelques tractations, les deux chefs parvinrent à l'accord suivant, en six points :

  • les hostilités cesseraient ;
  • les deux villages partageraient désormais leurs biens économiques, culturels et spirituels ;
  • le chef Kanap serait nommé Premier Président, le chef Qhadi serait nommé Premier Trésorier, et les généraux à la tête de chaque armée seraient nommés Del'Conv, terme signifiant "meneur d'homme et de projet" ;
  • la galerie reliant les deux villages serait partiellement obstruée par un gros rocher, afin que les échanges soient possibles tout en empêchant le passage d'une armée dans un sens ou dans l'autre ;
  • une clause du contrat stipulait "Si mû, le rocher sera l'arme qui écrasera son mouveur". Cet avertissement, nommé "clause Si Mû", visait à maintenir la paix ; il finit par donner son nom au traité, puis au village résultant de l'union des deux villages ;
  • ceux-ci, en mémoire de la période de guerre, gardent les noms que leur donnaient leur adversaire : "salle canap'" et "salle caddies" (orthographe actuelle).

Les familles nobles des deux côtés parvinrent à s'entendre et des unions furent célébrées, et continuent encore de l'être.

Le bouleversement suivant dans l'histoire du Simu arriva bien des années plus tard, lors de la construction du campus d'une école d'ingénieurs tout autour, en 1968. Toutefois, le Simu vit plutôt d'un bon oeil l'arrivée de ces étrangers qui les rejoignaient, et lui fit même quelques concessions (c'est à cette période-là que les archéologues estiment l'arrivée de la plus vielle capsule de Kro trouvée au Simu lors d'un GNS) tout en se plaçant statégiquement dans toute la hiérarchie de l'école et des entreprises proches (EADS, CNES, ESA ...). Par ailleurs, le loyer que payait l'école pour s'installer sur les terres du Simu permit aux Del'Conv (qui se faisaient un peu chier depuis l'armistice, il faut le dire) de créer la première Conv, reconduite chaque année, et qui participe aujourd'hui encore à la renommée du Simu.